Benjamin Guérin

Poète et directeur artistique du festival des Sources Poétiques. Auteur de plusieurs livres de poésie, son écriture est portée par une approche existentielle et une sensibilité environnementale.

Il habite en lisière de forêt car il aime explorer les confins, ceux du monde comme ceux de l’existence, écrivant sur le voyage, sur la fin de vie et sur les expériences psychédéliques, sur lesquels il mène depuis 2020 des recherches avec le centre contre le cancer de l’Université Harvard, aux Etats-Unis.

Son dernier livre, Quand nous étions des loups (éd. Corlevour) a obtenu la mention spéciale du prix Apollinaire, le prix Ganzo Révélation et faisait partie de la sélection finale du prix Mallarmé en 2025. Il part d’un fait vécu : une attaque de loups dans son jardin, à partir de laquelle il déploie un univers poétique, à l’approche du sauvage.

Ses poèmes ont été affichés par le Printemps des Poètes dans le métro de Paris à Noël 2025.

Ils figurent dans des anthologies (La poésie des arbres : une anthologie des plus beaux poèmes réunis par J. Orizet, Le Cherche Midi, 2025 ; et « Chemins de liberté ». L’année poétique : 121 poètes d’aujourd’hui présentée par J.-Y. Reuzeau. Editions Seghers, 2026) et sont parus en revue (La Forge, Nunc, Arpa, Les hommes sans épaules, Europe, Phoenix,...).

Prix Apollinaire « mention spéciale » 2025 – Midi Libre

Traduction en anglais par Andrew Rubens (extrait de Quand nous étions des loups, corlevour)

Traduction en turc par Deniz Dağdelen Düzgün (extrait de Quand nous étions des loups, corlevour)

Lecture audio par Jacques Vincent (30 min d’insomnie)

Reporterre – Le média de l’écologie

Chronique d’Alain Rollat (ex directeur-adjoint Le Monde)

Chronique de Marc Wetzel

Interview – Strophe.fr

Interview – Culture.gouv

Pays : France

EN LIVRES

  • Quand nous étions des loups (dessins de Robert Lobet, éd. Corlevour), 2024
  • Exister (dessins de Robert Lobet, éd. Margeride), 2021
  • Chants du voyageur (dessins de J.-G. Badaire, éd. Corlevour), 2019
  • Le rossignol de l’Oronte (éd. Papiers Coupés), 2018
  • Métropole oubliée (éd. Lucie), 2016
  • en philosophie : Accompagner la détresse existentielle (dir., Presses Universitaires de Franche-Comté), 2025

EN REVUES

  • La forge, Arpa, Phoenix, Europe, Les hommes sans épaules, Nunc, revue Geopoetique internationale, Gutter Magazine

EXTRAIT

BABEL

Qu’est-ce que Babel ?  t’en souviens-tu mon ami ?

Nous étions frères de sang sans saignées

armée sans chef, le même rêve au corps, 

la même couleur, même étendard 

– Vraiment ?

Nous goûtions à la même jarre

la peau et la lèvre de la terre

pour qu’encore coule le vin

En ce temps là nous étions frères

– Oui, en ce temps là nous étions frères.

Nous tirions les vaches par la queue

et notre langue savait la chaude rondeur du sein

– Gigantesque !

Nous préférions courir à en oublier de marcher

en ce temps-là nous étions frères

– Oui, je m’en souviens. 

Des larmes plein les mains

et des graviers dans les poches

nous terrassions les Cerbères

au diable les lois et les hommes

nous étions libres à jamais 

contant l’amour à la folie

ne craignant pas, à deux, d’être attrapés.

Rappelle-toi 

quand le temps se faisait lourd et que l’ennui nous gagnait

nous montions sur la colline voir les travaux avancer.

du labeur des hommes je n’ai rien retenu. 

quelques vis écrasées…

– « Babel s’est écroulée ! »

Chants du voyageur, Corlevour, 2019.